
Les Entretiens Louis le Grand 2008
La cinquième édition des Entretiens Louis le Grand se place délibérément dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne. Elle a pour thème : "L’Europe, enjeu stratégique pour les entreprises". Comme tous les ans, le cœur de ces manifestations est constitué d’études de cas construites par des enseignants de sciences économiques et sociales et des cadres d’entreprise. Vous découvrirez la diversité des sujets retenus dans le programme prévisionnel. Les plénières seront consacrées aux sujets macroéconomiques de l’euro et de la politique de la concurrence. Une manière d’effectuer la rentrée en douceur, les jeudi 27 et vendredi 28 août prochain.
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Presque chaque jour, de nouvelles fragilités bancaires et financières issues de la crise des subprime sont dévoilées au point que personne ne sait quand on aura une connaissance exacte des bilans bancaires. Il s'agit d'un classique effet de domino où une créance reste saine jusqu'au moment où son émetteur est déstabilisé par un client fragilisé.
Par ailleurs, les conséquences sur l'économie réelle n'ont pas véritablement commencé à se faire sentir. On peut craindre à la fois un non renouvellement des crédits arrivés à échéance, la reconstitution d'une épargne de précaution, voire même une défiance vis-à-vis du système bancaire : ces attitudes ont pour conséquence une diminution de la demande globale. On reconnaît le contexte de la crise de 1929 et de la gestation de la Théorie générale de J.-M. Keynes.
Il est donc logique que les économistes commencent à se (re)tourner vers l'Etat pour sauver ce qui doit l'être. L'analyse précise des conditions de possibilité et d'efficacité de la politique budgétaire est à nouveau d'une actualité brûlante : pour discerner ce qu'il faut faire ; pour ne pas attendre de miracles qui effaceraient d'un coup de baguette magique des pratiques irresponsables.
La crise des subprime a au moins un point commun avec les crises financières précédentes : l'innovation ne doit pas créer une opacité telle que la confiance puisse être trompée. C'est pourtant ce qui s'est passé avec la titrisation de produits de qualités variables au point qu'une évaluation saine de la valeur de l'ensemble devienne impossible. On parlera sans doute bientôt de nouvelle règles pour éviter qu'une telle déroute ne se reproduise. La difficulté est que les règles concernent toujours les produits passés et n'empêchent pas la créativité. Il est donc vraisemblable que les comités de déontologie des établissements financiers devront réfléchir à nouveau aux conditions de préservation de la confiance.