1. Libre-échange, protectionnisme et croissance

1.2. Le protectionnisme, une arme politique

Dossier réalisé par Etienne Farvacque

La question du protectionnisme est une question délicate. A priori, la concurrence, quelle soit intérieure ou extérieure, remet en cause les positions acquises. Il est sans doute plus difficile d'accepter cette remise en cause lorsqu'elle vient d'autres pays que de compétiteurs nationaux. L'ironie de Bastiat sur "la concurrence déloyale" est toujours d'actualité lorsqu'il s'agit de concurrents nouveaux qui viennent perturber les positions acquises, y compris dans des marchés extérieurs. Le cas des nouveaux pays industriels reflète assez bien dans cette situation.

Pourtant, la compétition économique suppose de lutter à armes égales. Or, l'antériorité du décollage est source d'avantage comparatif. C'est le sens toujours actuel du protectionnisme des industries dans l'enfance. S'il est toujours bienvenu de protéger les entrepreneurs nationaux, encore faut-il s'assurer qu'ils préparent le retour au libre-échange. L'histoire montre que, s'il est facile d'instaurer des mesures protectionnistes temporaires, il est beaucoup plus difficile de remettre ces mesures en cause.

Or, les lobbies sont toujours vigilants à demander la protection douanière. Souvent, les intérêts des salariés vont dans le sens de ceux des employeurs qui demandent une telle protection. Il n'est pas inutile de remarquer que ces mêmes intérêts entrent en concurrence avec ceux des consommateurs.