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1. La production d'une monnaie honnête

1.4. La grande transformation : le retour à une relative stabilité des prix

Dossier réalisé par Matthieu Mucherie

S'agissant de la politique monétaire moderne, c'est-à-dire de la politique monétaire axée sur la recherche de la stabilité des prix, le grand tournant a lieu en 1979 lorsque Jimmy Carter nomme Paul Volcker à la tête de la Banque Fédérale de Réserve (Fed). Celui-ci ne tarde pas à siffler la fin de la"récréation" (la spirale inflationniste des années 1970) en mettant immédiatement en place un contrôle des réserves non empruntées, très proche du contrôle de la base monétaire préconisée par les monétaristes. Très rapidement, le Royaume-Uni et d'autres pays de l'OCDE s'engagent sur la même voie avec, il est vrai, des arrangements techniques très divers. Depuis 1983 environ, on peut considérer que l'inflation est"sous contrôle" dans la quasi-totalité des pays occidentaux. Néanmoins, le passage à un régime de basse inflation ne s'est pas fait sans mal car, sauf cas particuliers de la Bundesbank ou de la Banque de Suisse, la crédibilité des banques centrales, c'est-à-dire leur capacité a guider les anticipations des agents privés (voir 3.1), était à l'époque très faible. Il a fallu frapper d'autant plus fort que la coordination avec la politique budgétaire était souvent très imparfaite. On parle ainsi, abusivement, de"récession Volcker" en 1982 aux Etats-Unis, par exemple.

En France, un choix (non explicité) a été fait dans ce sens en 1983 et une stratégie (curieusement intitulée la"désinflation compétitive") a été menée lors des 10-15 années suivantes. Celle-ci a consisté à arrimer le franc sur le mark. Si bien des choses peuvent être dites sur les effets de cette politique sur la croissance et l'emploi (en particulier pour l'année 1993), elle a été un puissant facteur de diminution de l'inflation.

A ce propos, le texte de Kenneth Rogoff viendra relativiser l'importance de l'action monétaire sur le mouvement global de désinflation en mettant en avant le rôle du progrès technique mais surtout de la mondialisation ; cette démarche tend a introduire le rôle des politiques structurelles, mises en avant par les banques centrales elles-mêmes (cf le discours de la BCE aux 12 membres de la zone euro depuis 5 ans). Une autre vision alternative des sources de l'inflation, plus centrée sur le court terme, est disponible sous la forme d'un schéma de synthèse dans la rubrique"Données".


Textes de référence

·    Mondialisation et désinflation

Rogoff Kenneth S. (2003),"La désinflation est-elle un avantage méconnu de la mondialisation ?", rubrique"Entre nous", Finances & Développement, décembre 2003, Fonds monétaire international, disponible @ www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/fre/2003/12/pdf/straight.pdf