Le degré d'intégration entre économies peut être plus ou moins élevé, selon les objectifs poursuivis et les caractéristiques des économies concernées. La zone de libre-échange est la formule la plus simple puisqu'elle porte seulement sur la libre circulation des marchandises, auxquelles s'ajoutent, le cas échéant, les services non financiers. L'union douanière comporte en outre un tarif douanier commun.
Les effets d'une union douanière relèvent d'abord de l'argument de l'extension des marchés qui est au cœur de l'analyse d'A. Smith car elle permet d'accroître la division du travail. Ce faisant la zone de libre-échange accroît aussi la concurrence entre les entreprises.
L'union douanière ajoute une forme de préférence obligée pour les entreprises de la zone par rapport à des compétiteurs hors zone et ce, malgré d'éventuelles différences de prix. C'est Jacob Viner qui a présenté les instruments d'analyse pour juger de l'effet sur la croissance des unions douanières. Il parle de "détournement des courants d'échanges" en cas de transfert d'une production d'une source d'approvisionnement à faible coût située hors du groupe de pays couvert par l'accord commercial régional vers une source d'approvisionnement à coût élevé au bénéfice d'un pays membre du groupe. Au contraire, il y a "création de courants d'échanges" lorsque l'union douanière a pour conséquence le transfert de production d'une source interne à coût élevé à une source à coût moins élevé appartenant au même groupe régional. Il est évident que seul ce dernier cas est favorable à l'amélioration des niveaux de vie et à la croissance.