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5. La cohésion sociale et les instances d'intégration

5.2. L'intégration par la famille

Dossier réalisé par Pierre Demeulenaere

La famille représente une dimension essentielle de la vie sociale, de deux points de vue différents.

Elle est d'une part le lieu décisif de l'apprentissage des normes de la vie sociale, à travers la socialisation que représente l'éducation. A cet égard, un débat classique oppose la tradition innéiste (que la psychologie reprend souvent à son compte) insistant sur le fait que l'enfant possède d'emblée et par nature des compétences cognitives qui se développent dans le cadre de la socialisation, et une tradition qui insiste au contraire sur la variété des formes de socialisation à travers la diversité des normes qui leurs sont associées et qui font l'objet d'un apprentissage à travers l'adoption des rôles d'autrui. Cela conduit à poser la question de la possibilité de s'affranchir de normes intériorisées au cours de la socialisation liée à l'enfance, et donc du contraste entre une socialisation primaire et une socialisation secondaire. Les processus de socialisation apparaissent ainsi complexes et certainement irréductibles à une détermination unilatérale par la socialisation de l'enfance.

En même temps, la famille apparaît de manière classique, chez Durkheim, chez Tönnies, ou plus tard chez Parsons, comme le lieu par excellence de la solidarité, par opposition au registre d'une société plus large où prévalent les intérêt des individus. La famille est ainsi pour Tönnies ce qui survit, dans les sociétés modernes, de la forme communautaire. Toutefois, la famille est elle-même le lieu d'une individualisation et est soumise à la présence des intérêts individuels qui peuvent entrer en conflit avec la forme communautaire.