L'ampleur et la durée de la crise dépendent de la rapidité avec laquelle les effets financiers de la crise sont résorbés, contenant les éventuels effets de dominos par lesquels un débiteur défaillant entraîne son créancier, une multitude de débiteurs défaillants entraîne leur banque, une banque entraîne les autres banques, etc. On l'aura compris, c'est le rôle de la banque centrale, prêteur en dernier ressort, d'éviter ces effets. Pour y arriver, trois principes, mis en lumière par Thornton (1802) et par sir Francis Barings :
1. Prêter tout ce dont le marché à besoin
Pour arrêter l'effet de domino, la banque centrale doit fournir aux banques de second rang toute la liquidité dont elles ont besoin pour honorer leurs dettes et, en particulier, pour répondre aux demandes de retraits des déposants (phénomène de run). Normalement, les banques qui utiliseront cette facilite donneront un signal de leur difficulté à se fournir sur le marché monétaire.
2. A un taux de pénalité
Il ne s'agit pas de permettre aux banques mal gérées d'avoir accès au crédit au taux du marché. Cet accès discrétionnaire aux ressources de la banque centrale doit être payé d'un taux d'intérêt supérieur aux opérations normales de la banque centrale
3. En contrepartie d'actifs sûrs
L'actif monétisé doit être sain, même si la valeur courante sur le marché est inférieure à sa valeur avant le déclenchement de la crise.
Comme toute forme d'assurance collective, l'intervention du banquier central est à l'origine d'un phénomène d'alea moral. Comme il se fait un devoir d'intervenir pour sauver le système – et non une banque particulière, les banques peuvent s'appuyer sur l'expérience passée pour accorder des prêts excessivement risqués. Pour prévenir un tel risque, le banquier central peut lier son intervention à la recapitalisation de la banque défaillante par ses actionnaires…