Franco Modigliani (1918 - 2003)

Prix Nobel 1985 (Etats-Unis)

Jeune étudiant en droit à l’Université de Rome, Franco Modigliani se montre radicalement réfractaire à l’endoctrinement fasciste ; il quitte l’Italie en mai 1938 pour rejoindre Paris, puis, en août 1939, New York. Il obtient son doctorat en 1944 de la New School for Social Research. En 1948, il est nommé au département d’économie politique de l’Université de Chicago et rejoint la prestigieuse Cowles Commission for Research in Economics. Là, il se plaît à travailler et à débattre avec des économistes de premier plan tels que Marschak, Koopmans, Arrow ou Simon. Il enseigne ensuite à l’Université d’Illinois, au Carnegie Institute of Technology, puis au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il prend la présidence de l’American Economic Association en 1976.

Dans les années 1953-1954, il élabore  la "théorie du cycle de vie" en collaboration avec l’un de ses étudiants, Richard Brumberg, théorie qu’il affinera par la suite en y apportant des éléments empiriques. Cette théorie part du principe que si, à un moment donné, la propension moyenne à consommer diminue lorsque le revenu augmente, elle demeure au contraire constante lorsque le revenu évolue dans le temps, les agents cherchant à lisser leur niveau de consommation constant au cours de leur existence. Pour cela, ils vont avoir tendance à recourir à l’emprunt durant leur jeunesse, compte tenu de la faiblesse relative de leurs revenus et de l’incertitude, puis vont accroître leur épargne au cours de leur vie d’adulte, et enfin progressivement désépargner à l’approche de la retraite, et plus encore en fin de vie. La désormais célèbre théorie du cycle de vie met donc en évidence les comportements d’épargne des agents dans une optique de choix inter-temporel.

Franco Modigliani effectue également une contribution majeure à la finance, en collaboration avec Merton Miller, en montrant que, sous certaines hypothèses, la structure financière et la politique de dividende d’une entreprise n’ont pas d’influence sur la valeur des investissements, et donc sur sa valeur boursière.
Il fera ensuite figure, avec Emile Grunberg, de pionnier en matière de théorie des anticipations rationnelles, en soulignant dès 1954 que les agents peuvent anticiper certaines décisions gouvernementales relatives à la politique économique et modifier leurs comportements en fonction.

Observateur privilégié des économies italienne et américaine, il n’a de cesse de critiquer les théories monétaristes, tout en attirant l’attention des pouvoirs publics sur les dangers que présentent les dérives des déficits publics.

Principales publications

(1963) Corporate income taxes and the cost of capital, avec M. Miller, American Economic Review, 433-43, Juin
(1963) The life cycle hypothesis of saving: aggregate implications and tests, avec A. Ando, American Economic Review, 55-84, Mars
(1960) The permanent  income and the life cycle hypothesis of saving behavior : comparison and tests
(1958) The cost of capital, corporation finance and the theory of investment, avec M. Miller, American Economic Review, 261-97
(1954) The predictability of social events, avec E. Grunberg, Journal of Political Economy 62, 465-78, Décembre
(1954) Utility analysis and the consumption function, avec R. Brumberg, in Post-keynesian economics, édité par K. Kurihara