Friedrich von Hayek naît le 8 mai 1899 à Vienne (Autriche) au sein d’une famille d’intellectuels. Mobilisé à la fin de la première guerre mondiale, il hésite au lendemain de l’armistice entre des études de psychologie et d'économie, et opte finalement pour cette dernière discipline. Cependant, fidèle à sa doctrine selon laquelle "l’économiste qui n’est qu’un économiste est un mauvais économiste", Hayek complète sa formation économique par un doctorat et s’intéresse à la philosophie, à l’histoire et à la sociologie.
Sur le plan politique, l’étudiant Hayek est un socialiste modéré, partisan d’un réformisme dont l’Etat est le maître d’œuvre désigné ; c’est après sa rencontre avec Ludwig von Mises qu’il se convertit au libéralisme, dont il va profondément renouveler l’appareil théorique. Après avoir dirigé, de 1927 à 1931, l’Institut Autrichien pour la Recherche sur le Cycle des Affaires, il part pour la London School of Economics, qu’il ne quittera qu’en 1950, pour rejoindre l’Université de Chicago. Sa carrière universitaire s’achève à la chaire d’économie de l’université de Fribourg (Allemagne), qu’il occupe de 1962 à 1968.
Hayek travaille dans les années 1920 sur la théorie de la croissance et tente d’élaborer une théorie des cycles. Alors que le modèle interventionniste keynésien est en plein essor, il estime que l’injection de monnaie dans le circuit économique modifie la structure des prix et provoque une baisse du taux d’intérêt au-dessous de son niveau "naturel". Si cette injection a pour effet de stimuler l’investissement à court terme, cette hausse de l’investissement est pernicieuse car elle ne correspond pas à un mécanisme de marché et entraîne des distorsions de la structure de production inter-temporelle. Elle risque ainsi d’aboutir à une augmentation de l’inflation et du chômage.
En 1944, il publie La route de la servitude, un pamphlet qui aura un grand retentissement. Il s’agit d’un écrit qui met en garde contre les dangers d’une trop forte présence de l’Etat dans l’économie et plus largement dans la société.
Hayek est un libéral farouche en opposition avec les économistes interventionnistes, majoritaires dans le monde académique et politique de l’après-Guerre. Il pense que là où l'initiative est libre, le progrès économique, social, culturel et politique est toujours supérieur aux résultats obtenus dans les sociétés planifiées et centralisées. Du fait de l’imperfection de l’information, l'initiative décentralisée rend la coordination décentralisée techniquement supérieure à la coordination étatique. L’économie de marché représente un ordre social spontané et implicite qui n’est le produit d’aucune volonté délibérée, et qu’aucun esprit n’a conçu. C’est donc le respect de la liberté individuelle qui doit être le guide de la politique de l'État.
Hayek se présente ainsi comme un défenseur acharné de la liberté et du libre jeu des forces de la concurrence comme régulateur du système économique.
(1991), Economic Freedom, Oxford, Basil Blackwell
(1973-1979), Law, Legislation and Freedom, University of Chicago Press, traduction française sous le titre Droit, législation et liberté, Paris, PUF
(1960), The constitution of liberty, Londres et Chicago
(1952), The sensory order, Londres et Chicago
(1949), Individualism and economic order, Londres et Chicago
(1941), The road to serfdom, Londres et Chicago
(1940), The pure theory of capital, Londres
(1935), Collectivist economic planning, Londres
(1931), Prices and production, Londres, traduction française sous le titre Prix et production, Paris, Calmann-Lévy, 1975
(1929), Geld und Konjunkturtheorie, Vienne