Gary Becker (1930 - )

Prix Nobel 1992 (Etats-Unis)

Gary Becker est né en 1930 à Pottsville, en Pennsylvanie, et grandit à Brooklyn (New York). Malgré le faible niveau d’instruction de ses parents, les nombreuses discussions familiales autour de la politique et de la justice le décident à étudier l’économie, plutôt que les mathématiques, comme il l’envisageait initialement. Il débute un cursus à Princeton, qu’il termine à l’Université de Chicago. Là, il se passionne pour les cours de microéconomie de Milton Friedman et décide d’approfondir ses études ; il soutient sa thèse de doctorat en 1955. Il obtient ensuite un poste d’assistant à l’Université de Chicago pour poursuivre ses recherches, puis un poste d’enseignant à l’Université de Columbia, qu’il combine avec des travaux au profit du National Bureau of Economic Research.

Becker pense que l’on peut utiliser le principe coûts-avantages et les outils de la microéconomie à toutes sortes de comportements sociaux. Il en va ainsi de l’étude du crime, du mariage, de l’éducation, de la justice, de la discrimination raciale et de bien d’autres domaines jusqu’alors réservés à la sociologie.
Sa thèse remarquée sur la discrimination raciale réfute la thèse marxiste traditionnelle selon laquelle la discrimination opère en faveur de son auteur. Gary Becker affirme, par exemple, que si un employeur refuse de recruter un travailleur simplement à cause de ses origines, il perd une opportunité qui aurait pu lui être profitable. Il montre que cette analyse est particulièrement prégnante dans le cadre d’une industrie où règne une faible concurrence. En effet, une entreprise sera moins amenée à discriminer dans un marché concurrentiel car elle serait alors sanctionnée par les consommateurs et risquerait de perdre des parts de marché.

Parallèlement à Theodore Schultz, il formule également la thèse selon laquelle l’éducation est une acquisition de "capital humain" et représente un véritable investissement. En effet, l’individu qui choisit de faire des études renoncent du même coup à des salaires. Ce coût s’ajoute aux frais directs qu’engendrent des études. Mais l’individu qui choisit de se former pense qu’il pourra ensuite en retirer des avantages sur le marché du travail. Concrètement, l’individu en question espère obtenir un poste plus valorisant et mieux rémunéré. Sa formation va ainsi lui servir de capital qu’il pourra mettre à profit sur le marché du travail. Il y a donc un arbitrage entre faire des études et travailler. Or, la formation augmentant la productivité de l’individu, elle procure également des gains sociaux, supérieurs aux gains privés, si bien que l’Etat comme les employeurs peuvent avoir un intérêt à intervenir dans la prise en charge du système éducatif.

Becker sera initialement contesté par les économistes traditionnels, qui considèrent que ses travaux n’entrent pas dans le champ de l’économie, mais aussi par les sociologues et psychologues, qui ne parviennent guère à exploiter ses résultats. Néanmoins, il bénéficiera du soutien de ses collègues de l’Université de Chicago (notamment celui de Milton Friedman), et sera finalement reconnu par ses pairs avec la présidence de l’American Economic Association qui lui est confiée en 1987 et la remise du prix Nobel d’économie en 1992.

Principales publications

(1996) Accounting for tastes, Harvard Univ. Press,
(1981) Treatise on the family,
(1977) De gustibus non est disputandum, avec G. Stigler, American Economic Review 67, n° 2, 76-90, Mars
(1975) Human capital, 3ème édition,
(1971) The economics of discrimination, 2ème édition,
(1968) Crime and punishment: an economic approach, Journal of Political Economy 76, n° 2, 169-217, Mars-Avril
(1965) A theory of the allocation of time, Economic Journal 40, n° 299, 493-508, Septembre