Gérard Debreu (1921 - 2004)

Prix Nobel 1983 (Etats-Unis)

Issu d’un milieu d’industriels de Calais, Gérard Debreu est admis en 1941 à l’Ecole Normale Supérieure. Pendant les années d’occupation, il étudie intensivement les mathématiques, en suivant notamment les cours dispensés par les professeurs du collectif Nicolas Bourbaki. Gérard Debreu s’engage dans l’armée de la Libération après le débarquement en Normandie ; il part servir en Algérie, puis en Allemagne. Il obtient son agrégation de mathématiques durant l’hiver 1946, et devient attaché de recherche au CNRS. C’est alors qu’il découvre l’économie ; il s’initie avec passion à la théorie de l’équilibre général de Walras grâce à l’ouvrage de Maurice Allais A la recherche d’une discipline économique. En 1948, Gérard Debreu obtient le Rockefeller Fellowship, qui lui permet de partir étudier aux Etats-Unis. La suite de son parcours se déroule dès lors outre-Atlantique : après avoir suivi des cours à Harvard, à Berkeley, à Chicago et à Columbia, il obtient un poste de chercheur à la Cowles Commision for Research in Economics, le prestigieux laboratoire de recherche de l’Université de Chicago. Il enseigne par la suite à Yale, Stanford et Berkeley.

Gérard Debreu s’est principalement consacré à l’étude de l’équilibre général et de l’optimum de Pareto. On lui doit notamment la démonstration rigoureuse de l’existence de l’équilibre général dans une économie fondée sur la propriété privée, grâce à une utilisation poussée de l’outil mathématique ("théorie de la valeur"). Cette démonstration, réalisée en partie avec Kenneth Arrow, complète les travaux de Léon Walras qui avait postulé l’existence de cet équilibre et tenté une démonstration succincte. On lui doit également la démonstration indépendante des premier et deuxième théorèmes de l’économie du bien-être.
Les travaux de Debreu prouvent ainsi qu’il est possible d’atteindre, avec des prix et des salaires flexibles, une situation dans laquelle tous les marchés d’une économie sont en équilibre, l’équilibre étant atteint par un processus de tâtonnements. Cet équilibre permet une allocation efficace des ressources. L’intérêt de cette modélisation réside dans la présentation des hypothèses – particulièrement fortes – qui permettent d’atteindre cet équilibre. Il est également possible de hiérarchiser les équilibres et de sélectionner celui qui maximise le bien-être collectif d’une société.

Principales publications

(1991), “The Mathematization of Economic Theory”, AER
(1982), Additively decomposed quasiconcave functions, avec T.C. Koopmans, Mathematical Programming
(1964), The limit of the core of an economy, avec H. Scarf, IER,
(1959), Theory of value : an axiomatic analysis of economic equilibrium, traduction française chez Dunod, 1983
(1954), “Existence of a competitive equilibrium for a competitive economy”, avec K. Arrow, Econometrica 22, n° 3, 205-90