Herbert Simon (1916 - 2001 )

Prix Nobel 1978 (Etats-Unis)

Herbert Simon naît en 1916 à Milwaukee, dans le Wisconsin, d’un père ingénieur en électricité d’origine allemande et d’une mère pianiste. Il entre en 1933 à l’Université de Chicago, où il étudie les mathématiques et l’économie et devient rapidement maître-assistant. Il a 23 ans lorsqu’il est appelé par l’Université de Berkeley pour y diriger un laboratoire de recherche opérationnelle.

La suite du parcours de Herbert Simon est marquée par sa rencontre avec l’économie politique. Il étudie à l’Illinois Institute of Technology à partir de 1942, soutient une thèse sur la prise de décision dans les affaires publiques, et fréquente la Cowles Commission for Research in Economics. Ses travaux portent alors sur la fiscalité, le progrès technologique et l’énergie atomique. En 1948, Herbert Simon est associé à l’élaboration du plan Marshall. Il devient un expert écouté par le monde politique, en se mettant notamment au service des présidents Johnson et Nixon.

Herbert Simon a également beaucoup apporté à la théorie micro-économique. Le modèle néoclassique de base postule que les agents disposent d’une rationalité absolue. On leur attribue des capacités cognitives illimitées pour choisir, parmi toutes les solutions qui s’offrent à eux, celle qui maximise leur bien-être.

L’économiste américain montre que les agents ont, en réalité, des capacités cognitives limitées et ne peuvent obtenir et traiter toute l’information nécessaire à l’obtention du choix optimal. En outre, les facteurs qu’ils considèrent ne se résument pas à la raison et au calcul, mais s’étendent à des facteurs plus" qualitatifs", et donc plus difficiles à appréhender, tels que l’équité, la loyauté et l’expérience. Les agents se contentent donc d’un certain niveau de satisfaction et d’aspiration, sorte d’optimum de second rang (théorie dite de la "rationalité limitée").

Herbert Simon en vient à proposer le concept de "rationalité procédurale" comme alternative à la "rationalité substantielle". Ce concept va modifier les modèles de prise de décision individuelle et collective. Il va notamment éclipser le personnage de l’entrepreneur omniscient pour un ensemble de décideurs qui coopèrent mais qui n’ont qu’une rationalité limitée. Les travaux de Simon vont aussi permettre d’affiner la théorie des organisations, en soulignant que les organisations servent à accroître la capacité de traitement de l’information et à réduire les conflits nés des comportements opportunistes des agents. Il consacrera d’ailleurs de nombreuses études sur les processus de décision et deviendra même l’un des pionniers de l’intelligence artificielle.

Principales publications

(1997), An empirically based microeconomics
(1986), Decision making and problem solving
(1979), “Rational Decision making in business organizations”, AER
(1977), Models of discovery, Reidel
(1972), From substantive to procedural rationality, Decision and Organization
(1969), The sciences of the artificial, MIT, traduction française sous le titre Les sciences de l’artificiel, Paris, EPI, 1973
(1960), The new science of management decision
(1955), “A behavioral model of rational choice”, QJE
(1947), Administrative behavior, MacMillan