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5. L'investissement au risque des crises financières

Impact des crises boursières sur les prêts aux entreprises


Baude, John (2005), "L’impact des chocs boursiers sur le crédit en France depuis le milieu des années quatre-vingt-dix", Revue de la stabilité financière, Banque de France, n°7, novembre

disponible sur http://www.banque-france.fr



Depuis une dizaine d'années, l'économie française a été soumise, comme les autres économies développées, à une forte instabilité boursière. Les cours, après avoir connu une forte hausse durant la seconde moitié des années quatre-vingt-dix, se sont repliés jusqu'en 2002, au point d'effacer en grande partie le boom précédent, même si une reprise s'est amorcée en 2003. De telles fluctuations ont pu modifier les comportements financiers des agents économiques. Sont souvent évoqués les effets de richesse des ménages : leur patrimoine, par exemple, amoindri par une chute de la bourse, les incite ou les contraint à réviser à la baisse leurs dépenses de consommation et d'investissement logement. De même, une diminution de la richesse nette des entreprises augmente, en théorie, le coût d'un financement extérieur et réduit leurs dépenses d'investissement (Hubbard, 1994), car celles-ci, pour les ménages comme pour les sociétés, se réalisent le plus souvent par l'intermédiaire de l'obtention d'un crédit. Intervient alors un autre agent économique, les banques. Ce n'est pas seulement la demande de crédit, mais également l'offre, qui peut se trouver modifiée et renforcer les effets de richesse « directs , liés au seul comportement des ménages. Pour reprendre l'exemple précédent d'un repli des cours boursiers, les banques restreignent alors leur offre de prêts en raison de la dégradation de la situation financière de leur clientèle. En effet, la baisse des cours entraîne une dévalorisation du patrimoine des ménages et des entreprises et, partant, de leurs portefeuilles de garanties mobilisables à l'appui de nouveaux emprunts. En outre, elle dévalorise les fonds propres des sociétés, si bien que leur levier d'endettement augmente mécaniquement et s'écarte de son niveau optimal. La contraction du crédit permet de corriger ce déséquilibre. Enfin, les établissements de crédit peuvent se montrer plus restrictifs en matière de prêt, du fait de la détérioration de leurs propres comptes.


Encours de crédit des entreprises et indice boursier SBF 250
(base 100 en 19999 T1)