James Mirrlees est né en 1936 à Minnigaff, en Ecosse. Il entre à l’Université d’Edimbourg en 1954 pour étudier les mathématiques après n’avoir pu assister, pour des raisons médicales, aux épreuves du concours d’entrée à l’Université de Cambridge. Il réussit néanmoins ce concours en 1957 et se tourne vers l’économie jusqu’à rédiger, sous la direction de Richard Stone, une thèse sur la croissance. Il devient l’assistant de Nicolas Kaldor, puis part travailler en Inde avec Amartya Sen. Il soutient sa thèse en 1963 devant un jury qui comprend notamment Kenneth Arrow. Il quitte Cambridge pour enseigner à Oxford en 1968, puis retourne à son établissement d’origine en 1995.
James Mirrlees est distingué par le jury du prix Nobel pour ses apports en matière d’imposition optimale. L’idée d’une taxation optimale est récurrente chez les économistes. Il s’agit de collecter un certain montant d’impôt sans créer de désincitations à l’effort chez les contribuables. En effet, dans son arbitrage entre travail et loisirs, l’agent cherche à maximiser son utilité en décidant de son offre de travail et de son temps libre. Le loisir se définit comme du non travail et peut regrouper des activités non ludiques telles que le travail domestique.
Le modèle néoclassique postule que le travail créé une désutilité. C’est une contrainte, mais il faut travailler pour disposer d’un revenu. La fiscalité provoque une distorsion dans cet arbitrage et amène l’agent à revoir à la baisse son offre de travail si son supplément de revenu est trop fortement taxé. Il faut donc proposer un système d’imposition optimal qui créé le moins de désincitations possibles.
Le problème réside dans le fait que l’Etat ne connaît que le montant du revenu et non le salaire horaire ou la productivité du contribuable. Il ne dispose pas de la même information que le contribuable : il y a donc asymétrie d’information. Or, pour être certain que l’imposition ne modifie pas le comportement du salarié, il faut connaître toutes les caractéristiques de son activité, ce qui est impossible en pratique. James Mirrlees va proposer une modélisation de ce que doit être un impôt idéal. Il s’agit d’un impôt presque linéaire (et non progressif, qu’il considère pernicieux) qui assure le degré minimal de désincitations.
(1994), Optimal taxation and government finance, dans Modern Public Finance, Harvard Univ. Press,
(1985), The theory of optimum taxation, Handbook of mathematical economics, éd. Arrow et Intriligator, vol. III, North-Holland,
(1976), Optimal tax theory: a synthesis, Journal of Public Economics, Décembre
(1975), Optimal taxation in a two-class economy, Journal of Public Economics 4, Février
(1974), Project appraisal and planning for developing countries, avec I. M. D. Little, Heinemann,
(1973), Models of economic growth, MacMillan,
(1971), An exploration in the theory of optimum income taxation, Review of Economic Studies, Avril