2.3. L'investissement dépend de la demande anticipée

La crise de l'investissement dans les années 1970


Chevalier, Legendre et Morin, (1985), L’investissement dans un contexte de faible croissance et de taux d’intérêt élevés, Paris, coll. ''XII° journée des Centrales de bilans, extraits"


 

L'accélérateur suggère que, quand le taux de croissance de la production diminue, le taux d'accumulation (défini comme le taux de croissance du capital) et le taux d'investissement (la part de la valeur ajoutée consacrée à l'investissement) diminuent. C'est ce que montre bien le tableau ci-dessous.


Ce tableau rappelle un résultat économique essentiel : les évolutions de la croissance et de l'investissement sont conformes au principe d'accélération.
 
Toutefois, il ne rend pas compte de la crise qu'a connue l'analyse macroéconomique à partir de 1979. En effet, jusqu'à cette année, des fonctions de type accélérateur, qui expliquaient le mouvement de l'investissement par les anticipations de croissance et aussi, mais moins fondamentalement, par les variations du coût relatif des facteurs de production (c'est-à-dire le rapport du coût salarial unitaire au taux d'intérêt réel), pouvaient rendre compte de manière satisfaisante des tendances longues et des fluctuations de l'investissement.

A partir de 1979, ce ne fut plus le cas et d'importants écarts résiduels ont été observés, généralement dans le sens suivant :

  •    Surestimation de l'investissement en 1979
  •    Très forte sous-estimation en 1980
  •    Tendance à la sous-estimation après 1980


Cela signifie bien que, par rapport à la grille de lecture constituée par le schéma d'accélération, l'investissement productif aurait résisté à la dégradation du contexte macroéconomique qui aurait pu impliquer des évolutions encore plus défavorables.