La situation des PME suite à la crise financière

Le 8 octobre 2008, Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’industrie et de l'emploi, et Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services, annoncent les mesures en faveur du financement des PME afin d’éviter une restriction des crédits.

Christine Lagarde et Hervé Novelli ont souligné que leur détermination "était totale pour limiter les effets de la crise financière sur les PME qui sont le maillon clé de l’emploi et de la croissance en France et en Europe".

Pourquoi ce soutien aux Petites et Moyennes Entreprises ?

Thème : Entreprise
Mise en ligne : 5/11/2008
Dossier réalisé par Gaëlle Mellet

Dossier réalisé par Gaëlle Mellet

 

Les PME ont un poids important dans l’ensemble des entreprises françaises, mais qui reste relatif

En France, selon l’INSEE, les entreprises de moins de 250 salariés représentent 99,8% des entreprises françaises au 1er janvier 2007 (en nombre d'entreprises). Ces PME emploient plus de 89% des salariés (soit plus de 14 millions de personnes) ; les grandes entreprises (GE), qui représentent moins de 0,1% du nombre total des entreprises, en emploient près de 11%, soit envrion 1,7 miliion de personnes.

Aussi, soutenir les PME, revient-il à soutenir l'emploi et l'investissement dans la majorité des entreprises françaises.

Si les PME pèsent lourd en terme d’emploi en France, leur poids dans la valeur ajoutée et dans la R&D est minime. Ainsi, en 2005, en France, les PME produisent 22,6% de la valeur ajoutée et représentent 15,3% de l'investissement [1]. En revanche, les entreprises de plus de 500 salariés comptent pour les ¾ dans la Dépense Intérieure de Recherche et Développement, avec 0,08% des effectifs salariés à la même date.

 

Comment se financent les PME ?

Le financement des entreprises dépend de plusieurs facteurs :

  • le taux de marge qui conditionne l’autofinancement ;
  • la profitabilité qui est la comparaison du taux de rentabilité et du taux d’intérêt réel ;
  • le coût du crédit ;
  • le recours aux marchés financiers (émission d’actions et/ou d’obligations).

 

Les PME qui lancent de nouveaux projets d’investissement font face aujourd’hui à la réduction des crédits des banques commerciales due à leur manque de liquidités. Or, depuis 2008, les entreprises ont de plus en plus recours au crédit bancaire, alors que le financement par le marché financier s'écroulait.

Néanmoins, le durcissement de l'octroi de crédits aux entreprises reste relatif, comme l'indique ce graphique (Enquête trimestrielle auprès des banques sur la distribution des crédits en France, Banque de France). En effet, pour les réponses suivantes, l'occurrence est de 0% :

  • les critères d'attribution se sont sensiblement durcis ;
  • les critères d'attribution se sont quelque peu assouplis ;
  • les critères d'attribution se sont sensiblement assouplis.

* T3 2008 : Perspective annoncée

 

Le soutien des PME par la puissance publique

La puissance publique peut soutenir les PME de deux façons :

  • Le soutien direct : le manque d'information sur les PME pousse les banques commerciales à rationner leurs crédits vis-à-vis de ce type de client. La crise financière ayant induit un manque de liquidités des banques commerciales, c'est l'État qui intervient directement pour combler ce manque de financement des PME.

    Ce plan de soutien aux PME comporte trois volets :
    1. 30 milliards d’euros d’aide provenant de la Banque Européenne d’Investissement ;
    2. Nomination dans chaque région d’un "parrain PME" afin d’entrer en communication avec les PME et d’anticiper leurs difficultés ;
    3. OSEO, établissement public de soutien aux PME, leur permet d’accéder à très brève échéance aux 5 milliards d’euros de prêts et garanties mis à leur disposition.
  • Le soutien indirect : en permettant aux banques commerciales de se refinancer à un taux moindre, la banque centrale stimule l'octroi de crédits. Cela concerne autant les PME que les autres entreprises, mais aussi les ménages.

[1) DGI, INSEE, base de données fiscales des régimes du bénéfice réel et des régimes "micro" : Poids des PME de moins de 250 salariés dans les économies régionales en 2005

[2] Pauline GIVORD, Claude PICART, Fabien TOUTLEMONDE, Dossier "La situation financière des entreprises: vue d'ensemble et situation relative des PME", L'économie française, INSEE, édition 2008.
 

 

QUELQUES DEFINITIONS

 

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont des entreprises dont la taille, définie par un ensemble de critères (essentiellement le nombre de salariés), ne dépasse pas certains seuils. Les autres critères de taille utilisés sont le chiffre d'affaires annuel, et on utilise parfois également un critère d'indépendance s'exprimant sous la forme de non appartenance à un groupe trop important. 
Pendant longtemps les statisticiens français ont utilisé principalement le seuil de 500 salariés, notamment dans l'industrie, et en distinguant quelquefois les PME et les "très petites entreprises" (moins de 20 salariés). L'Union européenne a, dès avril 1996, adopté une recommandation sur la définition des petites et moyennes entreprises. Actualisée en mai 2003, cette recommandation (n° 2003/361/CE) stipule, en ce qui concerne le seuil d'effectif et les seuils financiers, que les PME sont constituées des entreprises qui occupent moins de 250 personnes et : 
- dont soit le chiffre d'affaires n'excède pas 50 millions d'euros, soit le total du bilan annuel n'excède pas 43 millions d'euros.
- qui sont indépendantes vis-à-vis d’un grand groupe (ne pas être détenue à 50 % ou plus par un groupe de plus de 250 salariés).

La dépense intérieure de recherche et développement (DIRD) correspond aux travaux de recherche et développement  (R&D) exécutés sur le territoire national quelle que soit l'origine des fonds. Une partie est exécutée par les administrations (DIRDA) l'autre par les entreprises (DIRDE). Elle comprend les dépenses courantes (masse salariale des personnels de R&D et dépenses de fonctionnement) et les dépenses en capital (achats d'équipements nécessaires à la réalisation des travaux internes à la R&D et opérations immobilières réalisées dans l'année).

Taux d'intérêt réel : taux d'intérêt courant, ou nominal, déflaté. On lui enlève les effets de l'évolution des prix. 

Le taux de rentabilité se mesure par le rapport Excédent Brut d'Exploitation / capital d'exploitation.