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3.1. La notion de productivité

Les acceptions du terme "productivité"


Mairesse, Jacques (1990), "Simple aperçu sur les notions de productivité", Economie et statistique, 237-238, p. 9


La productivité du travail est évaluée comme le rapport d'un " volume " de production effective (ou d'une capacité de production) au " volume de travail " mis en oeuvre pour cette production (dans la période de temps retenue, souvent l'année). Le volume de travail est le plus souvent mesuré par les effectifs ou en nombre d'heures de travail. Dans les évaluations agrégées (à l'échelle des secteurs ou de l'économie marchande), le volume de production est, en général, appréhendé par les estimations de valeur ajoutée en francs constants des comptes nationaux.

 

La productivité globale des facteurs rapporte quant à elle le volume de la production non seulement au volume du travail, mais à ceux également des autres facteurs : principalement le volume du capital fixe, et parfois aussi, suivant les types et niveaux d'analyse, le volume des consommations intermédiaires. Dans ce dernier cas, la mesure utilisée pour la production n'est plus le volume de valeur ajoutée, mais doit intégrer de façon cohérente le volume des consommations intermédiaires.

Nombre d'auteurs (notamment les auteurs anglo-saxons) parlent de productivité totale plutôt que de productivité globale. La différence entre les deux notions n'est souvent que de vocabulaire, ou elle tient alors à des différences dans la façon dont les coefficients de pondération attribués aux volumes de travail et de capital (et des autres facteurs) sont calculés. Pour la productivité globale, les coefficients de pondération sont évalués en général en proportion des coûts attribuables aux différents facteurs (dans le coût total), tandis que pour la productivité totale ils sont estimés économétriquement.

De même que l'on considère la productivité (partielle) du seul facteur travail, on envisage souvent aussi la productivité (partielle) du seul facteur capital.

La productivité globale ou totale des facteurs, pour autant qu'elle prenne en compte les contributions des principaux facteurs, est souvent interprétée comme traduisant l'évolution du "progrès technique", lequel est ainsi appréhendé dans une acception large du terme comme facteur résiduel de la croissance. II est clair que cette mesure du progrès technique dépend non seulement de la liste des facteurs de production ou de productivité explicitement considérés, mais également de la manière dont ceux-ci sont évalués. II convient notamment de savoir si (et jusqu'à quel point) les volumes de facteurs, de même d'ailleurs que ceux de la production, intègrent des "effets de qualités" : si par exemple la mesure du travail tient compte des qualifications de la main-d'œuvre et celle du capital du caractère plus ou moins ancien ou récent des équipements.