Milton Friedman (1912 - 2006 )

Prix Nobel 1976 (Etats-Unis)

Issu d’un milieu modeste d’immigrés slovaques installés à Brooklyn, Milton Friedman profite d’une bourse pour entamer des études supérieures à l’Université Rutgers, dans le New Jersey, avant de compléter ses études en économie à l’Université de Chicago.

Milton Friedman travaille dès 1937 avec Simon Kuznets au sein du National Bureau of Economic Research, avant de rejoindre le Département du Trésor américain, où il s’occupe notamment des questions de fiscalité en temps de guerre. Après un bref passage à l’Université de Columbia puis du Minnesota, il est nommé professeur à l’Université de Chicago, où il formera des générations de "Chicago boys", c’est-à-dire de disciples du monétarisme et du libéralisme. Il sera aussi l’inspirateur du programme monétariste de Margaret Thatcher et conseiller économique du Président Ronald Reagan.

Milton Friedman est un fervent défenseur de la libre concurrence, et regarde avec méfiance toute forme d’interventionnisme étatique. Sa méthode de travail est basée davantage sur l’empirisme que sur l’abstraction scientifique. Il en va ainsi de sa fonction de consommation du revenu permanent qui n’est que l’interprétation scientifique de données historiques sur la consommation.
C’est ainsi en partant de données statistiques, replacées dans un cadre microéconomique d’arbitrage entre consommation courante et consommation future, qu’il prouve que la consommation est indépendante du revenu courant. Ce résultat va à l’encontre de la fonction de consommation de Keynes.

Milton Friedman développe sa théorie de la neutralité monétaire, selon laquelle les politiques monétaires n’affectent pas la valeur des grandeurs réelles à l’équilibre de long terme. Le seul effet de la création monétaire serait d’augmenter l’inflation : "l’inflation est donc partout et toujours un phénomène monétaire". Cette affirmation célèbre, fondée sur un mécanisme d’ajustement par les prix, remet radicalement en cause les thèses keynésiennes, qui présupposent au contraire un ajustement par les quantités.

Défendant la thèse selon laquelle il existe un niveau réel pour les grandeurs économiques, Milton Friedman conteste l’efficacité des politiques économiques conjoncturelles. Il préconise plutôt des politiques structurelles qui permettent d’agir sur la valeur d’équilibre de long terme des grandeurs. Ainsi, pour lutter efficacement contre le chômage, il suggère de s’attaquer aux imperfections du marché du travail (assurance chômage, syndicats, salaire minimum…) au lieu de mener une politique monétaire qui condamne l’économie à l’inflation.

En outre, il ne croit pas, contrairement à ce que suggère la fameuse courbe de Phillips, qu’il y ait une relation inverse entre le taux de chômage et le taux d’inflation. Selon Milton Friedman, l’inflation ne saurait réduire le chômage que sur le court terme en accroissant le salaire nominal des agents, ces derniers venant ensuite à réaliser que leur salaire réel a diminué. Ils vont ainsi rapidement exiger des hausses de rémunération afin de préserver leur pouvoir d’achat, et par là-même réduire à néant l’efficacité de la politique monétaire.
Enfin, Milton Friedman se rendra célèbre par ses thèses en faveur des régimes de change flottants : le prix des devises, comme le prix des biens et services, doit être fixé par le marché et non par les autorités monétaires.
Principales publications

Principales publications

(1992), Money Mischief : Episodes of Monetary History, Harcrout Brace Jovanovitch, New York
(1984), Tyranny of the StatusQuo, avec R. Friedman, Harcourt Brace Jovanovitch, tradution française sous le titre La tyrannie du statu quo, Paris, Lattès, 1984
(1963), A monetary history of the United States, 1870-1960, avec A. Schwartz, Princeton University Press
(1962), Capitalism and Freedom, University Chicago Press, traduction française sous le titre Capitalisme et liberté, Robert Laffont
(1957), A Theory of the Consumption Function, Princeton Univ. Press,
(1956), Studies in the quantity theory of money, Chicago Press,
(1953), Essays in Positive economics, University of Chicago Press, traduction française sous le titre Essais d’économie positive, Litec, 1996