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3.3. Propositions de réforme

Un prêteur en dernier ressort international


Fischer, (1999), On the need for an international lender of last resort, coll. ''Journal of Economic Perspectives, vol.13, n°4, Automne", p. Extraits des pages 86 à 97


Le prêteur en dernier ressort domestique

    Le rôle de prêteur en dernier ressort pour la banque centrale est associé à la prévention et à la réduction des crises financières. Les crises et paniques financières ont existé durant des siècles (…). Elles sont typiquement associées à une brusque perte de confiance dans l'assise de certains actifs ou institutions. Comme la chaîne du crédit est basée sur des anticipations fortement reliées relatives à la capacité des divers débiteurs à rembourser leurs emprunts, un sentiment de panique peut s'étendre rapidement, de façon contagieuse, à travers le système financier, et sans contrôle, peut avoir des effets significatifs sur le comportement de l'économie réelle. Le rôle du prêteur en dernier ressort est d'offrir une assurance du crédit, sous certaines conditions limitées, ce qui va stopper la contagion de la panique – ou, encore mieux, l'arrêtera dès le départ. (…)

Un prêteur en dernier ressort au niveau international ?

    Le problème est de savoir si il existe un rôle pour une institution qui prendrait la responsabilité de gérer les crises potentielles et réelles, soit comme prêteur de crise, soit comme gestionnaire de la crise, soit les deux. (…)

    Je vais mettre l'accent spécifiquement sur l'argument en faveur d'une agence internationale agissant comme prêteur en dernier ressort pour les pays faisant face à une crise des paiements externes. Dans une telle crise, un pays – et par ceci j'entends à la fois les secteurs officiel et privé à l'intérieur du pays – fait typiquement face à une demande massive de conversion de devises. La banque centrale ne peut produire cette devise. Ainsi, le fait que le pays puisse avoir sa propre banque centrale en état de créer sa propre monnaie domestique est typiquement une situation on pertinente pour cerner la solution à un problème de financement extérieur.

    Il y a un besoin potentiel d'assistance à un pays dans une telle situation à la fois parce que les flux de capitaux internationaux ne sont pas seulement extrêmement volatils mais aussi contagieux, montrant par là les signes classiques des paniques financières (…), et parce que un prêteur en dernier ressort international peut aider à réduire les effets de cette instabilité, voire l'instabilité elle-même. Au niveau macroéconomique, un pays confronté à une demande soudaine de conversion de devises peut permettre à son taux de change de s'ajuster ou peut restreindre la demande domestique de façon à générer un excédent du compte courant. Au niveau microéconomique, les créditeurs étrangers peuvent tenter de collecter les obligations contactées et les institutions financières et les entreprises peuvent – si nécessaire, et si le système légal domestique le permet – être mises en faillite. Cependant, de telles mesures sont susceptibles lors d'une situation de panique de mener à un sur-ajustement considérable par rapport à ce qui était nécessaire, et il existe donc un argument en faveur d'une intervention du secteur public, tant pour fournir des prêts d'urgence sur le marché des changes que pour assister les autorités domestiques dans la gestion de la crise.